Mai 2012

Ce 11 mai 2012

 
 
 
Sans vacarme 
 
déshabiller la vie la laisser les mains vides. sans modèle, en découdre 
 

 
commencer par le point. contre la crue l’angoisse de l’absence de fin. malgré le point le début tétanise 
 

 
être avoir été. alchimie sur la page. présent à bâtir. être. avoir été automne hiver. le grand œuvre. poèmes amoncelés que le futur disperse. sur les marches 
 

 
être poète. parler de soi aux autres des autres aux autres des autres à soi. lire d’autres poètes. se parler entre poète autres. s’écrire entre autres. bien entre nous comme entre soi. en empathie avec le monde.  
 

 
creuser présence amenuisée jusqu’au fatal bémol du roc jusqu’à disparaître. 
 

 
un mot phare au bout de la langue clignote et tous les autres mots assaillant par tous ses bouts la langue 
 

 
mot sans préliminaires planté sur les terres vierges. mot mort que l’écriture embrase. feu sans jamais de feu 
 
.  
 
venir de rien aller vers rien vitesse illimitée de l’âge en double file alphabet dans l’angle mort 
 
.  
 
essayer encore une prothèse au mot mutilé. accepter de boiter sinon boire s’envoyer ailleurs ou fumer du texte 
 

 
aubaine du poème. beauté refaite ou révélée du corps des mots devenant autres en étant même devenant moi étant eux 
 
Séverine Daucourt Fridriksson, Salerni, La Lettre Volée, 2009
(empreint des 2 pages du poème à Poezibao, merci Florence Trocmé…)
 
Séverine Daucourt Fridrikkson sera avec nous pour la 12ème édition des Petits Toits du Monde, elle sera là en compagnie de Christian Tarting, d’Erwann Rougé, de Caroline Sagot Duvauroux, de Stéphanie Ferrat, de Julia Billet, de Nina Ferrer-Gleize, de Jean-Pierre Sintive et de la forêt photographiée de Magali Ballet.
 
Les poètes et artistes ouvrent leurs ateliers et partagent ça qu’est la création, ça qu’est l’écriture, « ça » qui nous rassemble.
Et puis ils lisent, ils exposent, ils musiquent, ils parlent, ils sourient, ils vivent avec nous, avec vous, c’est à Noyers sur Jabron dans les Alpes de Haute Provence les 26, 27 et 28 mai prochains.
Aussi,
nous rendrons hommage à Edmond Jabès qui aurait eu 100 ans en 2012.
Aussi,
exposition de livres d’artistes et parutions de livres pour cette nouvelle Rencontre d’écritures, à peine quelques jours après que le 6 mai et le ciel dégagé un peu mais dégagé sûrement et, - que la Princesse de Clèves rejoigne nos bibliothèques et… qu’on s’envole…
 
Programme complet des Petites Toits du Monde 2012, c'est ici
 
Et la version qui tient dans la poche, c'est là
 

A peine « terminé » ces Petits Toits du Monde et leur dédicace toujours aux Himalayas et à l’esprit nomade toujours, nous reprenons les chemins d’écriture parce que vivre et écrire sont notre quotidien comme notre horizon, avec les arbres et les jardins et l’amitié et le ciel entier.
 
Vous pouvez vous joindre à nous pour :
 
Un week-end de création littéraire en résidence / 2 et 3 juin
(du samedi 14h au dimanche18h)
 
         quelques empreintes qui font signe,
         les petits pas,
         puis, la couture du texte, un récit.
 
Coût : 100€ (+10€ d’adhésion annuelle) / pension complète
Lieu : Saint Vincent sur Jabron(04), chez les terres d’encre
 
 
Une journée de géopoétique ; marche et écriture / samedi 9 juin
(de 10h à 19h)
 
         l’ascension d’un col réserve toujours un horizon.
         c’est à l’imaginer que nous créerons les premiers textes, mis en miroir,
         mis en écho avec ceux qui viendront dire la réalité retrouvée, là-haut.
 
Gratuit, action du pays de l’écriture comme les Petits Toits du Monde, subventionnée depuis 1999 par des communes de la vallée, la Communauté de Communes, le CG04, le CR et la DRAC PACA.
Adhésion annuelle nécessaire : 10€
Merci de vous inscrire par courriel ou téléphone quelques jours avant, si possible !
Rendez-vous devant la mairie de Châteauneuf-Miravail (vallée du Jabron, 04)
 
 
Et, vous pouvez d’ores et déjà vous inscrire pour nos rendez-vous d’été :
 
 
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Deux stages de création littéraire en résidence,
         du 22 juillet soir au 28 juillet matin : sur les rives de l’Insight(…)
         du 5 août soir au 11 août matin : l’écriture naîtrait de l’ouverture d’un livre / ce livre est à écrire / (…)
 
 
Coût : 540€ + 10€ d’adhésion (pension complète)
Lieu : Saint Vincent sur Jabron(04), chez les terres d’encre
 
 
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un stage résidentiel écriture en montagne,
         accueildu 14 au 21 juillet,
         stage du 16 au 20 juillet : récit déambulatoire (…)
 
attention, il ne reste plus qu’une place pour quelqu’un qui souhaiterait camper (chalet complet et déjà une personne sous tente)
 
Coût : 300€ (en autonomie pour camping et repas)
Lieu : Arvieux en Queyras (Hautes-Alpes)
 
 
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Deux journées de géopoétique ; 4 et 5 août
 
        samedi 4 août : sept lieux sonores dans la forêt (…)
        dimanche 5 août : le carnet du bois de pins (hommage à Francis Ponge)(…)
 
Gratuit, action du pays de l’écriture 
Rendez-vous à 10h devant la mairie de Saint Vincent sur Jabron pour ces temps hors du temps dans l’écosite culturel et buissonnier des terres d’encre
 
 
Pour en savoir plus :
 
Le programme est ici
 
Et pour le fourrer dans sa poche, c’est là
 
 
 
 
A l’instant, errant dans la bibliothèque pour tenter de clore cette lettre du jour, et feuilletant un ancien numéro que la revue Dédale (n°11-12) a consacré à la poésie, j’ai trouvé des « petites choses » à mâcher au dedans, les voici,
 
 
Quelle que soit la stratégie mise en œuvre (et le genre de plaisir que l’on éprouve), c’est toujours la pensée assise qu’on essaie de fuir, la pensée arrêtée par un mur, et qui réclame des preuves à n’en plus finir, oubliant qu’un accord musical est également nécessaire pour qu’une pensée sonne juste.
 
                      Gérard Macé, l’inspiration en marche,
                                                                    
 
 
La raison pour laquelle il y a tant de tièdes, décorateurs en poésie, dévots en religion, tire-au-flanc de tous les métiers, tire-au-flanc de toutes les amours, c’est qu’il y faut trop de ferveur, c’est-à-dire trop de force.
 
                      Gabrielle Althen, carnets
 
 
 
 
J’ai erré encore et changé de livre et de feuilletage et j’ai lu :
 
Il y a des choses qui devraient exciter la curiosité des hommes au plus haut degré, et qui, à en juger par leur train de vie ordinaire, ne leur en inspirent aucune. Où sont nos amis morts ? Pourquoi sommes-nous ici ?
 
                                      Charles Baudelaire, cité par Gustave Roud,
                                                                Air de la solitude
 





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