Novembre 2013

 

Ce 29 novembre 2013
 
 
Décembre presque, le temps file et déjà l’hiver presque, un peu de neige et la glace des nuits. Tout est beau sans pareil. Le regard comme une fenêtre. De quoi consoler un peu de ce monde qui tourne mal…
 
 
Une invasion, une logique du corps tout court si l'on considère aussi la solitude, le doute, l'éveil mystique : celui qui écrit avec l'outil brut de sa vie et de son regard, avec ses manques, son impuissance, cherche un espace que ni les autres ni l'époque ne peuvent lui donner : un espace vital.
 
                                                                       Bernard Noël, L'espace du poème
 
Il y a douze ans, nous commencions une aventure de création, écriture, arts plastiques, avec les services psychiatrie de l’Assistance Publique de Marseille.
De formation en formation, les soignants ont mis en place des ateliers avec les patients.
 
Douze ans, « on dit » que c’est un cycle… alors, pour clore ce cycle et avant d’en ouvrir un autre, nous avons imaginé partager cette expérience avec le « public », avec le hors-champ de l’hôpital.
Des poètes nous ont rejoints, Jean-Louis Giovannoni et Valérie Rouzeau sont venus soutenir les ateliers par leurs présences, leurs lectures, leurs ateliers en partage.
Des artistes se sont joints ; Magali Latil (qui œuvre avec nous en formation depuis six ans) et Maoual qui a ouvert son atelier de gravure à un groupe de patients.
Francis Coulaud, auteur, acteur et metteur en scène a travaillé avec tous la mise en voix et en espace des textes.
Tania Zolty et ses voix polyphoniques (chœur mixte patients et soignants) ont préparé des poèmes en voix et en musique.
François Pecqueur nous a ouvert son lieu associatif et alternatif, « le point de bascule ».
 
Les patients ont investi les ateliers, les soignants y ont mis toute leur énergie et tout leur cœur… et tant de temps…
 
Quelque chose s’est passée.
Quelque chose se passe.
Goutte d’eau dans l’océan mais, sans goutte d’eau, pas d’océan.
 
 
Pas plus qu’il ne suffit d’être malade pour être artiste il ne suffit d’être bien portant ; et pas davantage il ne suffit d’être artiste pour être malade ni pour être bien portant.
Toutefois, malgré la solidité de ce carré d’évidences, il peut s’y produire une faille : il peut suffire d’être artiste pour être bien portant dans « le moment même du faire-œuvre ».
« Se bien porter » signifie alors : réussir à se porter soi-même ou, tout au moins, à se soulever jusqu’à soi.                   
 
                                                                       Henri Maldiney, Art et existence
 
 
Vous êtes tous chaleureusement invités à « nous » rejoindre le 14 décembre à 18h au point de bascule, 108 rue Breteuil dans le sixième arrondissement de Marseille.
L’entrée est, bien sûr, libre et gratuite.
 
Toute rencontre est rencontre d’un autre, d’une altérité ; et c’est en cela qu’elle est le milieu de l’épreuve de réalité. Car le réel est toujours ce qu’on n’attendait pas et dont l’avènement dans la rencontre est un miracle d’étonnement.
 
                                                                       Henri Maldiney, Art et existence
 
 
Invivation 
 
 
Ce rendez-vous étant pris, d’autres rendez-vous vous attendent si vous le souhaitez :
 
Prochaines veillées d’écriture :
 
Vendredi 13 décembre et samedi 4 janvier de 19 heures à minuit à la salle municipale
de Saint Vincent sur Jabron.
Pour chaque veillée, deux ateliers d’écriture, le deuxième venant soutenir et approfondir le premier… et, entre les deux, un dîner tiré du sac et en partage.
Les veillées font partie de l’action « le pays de l’écriture », soutenu depuis 1999 par des communes, la Communauté de Communes de la vallée, le Conseil Général et le Conseil Régional.
Grâce à leur soutien, les ateliers en veillée sont libres et gratuits.
Toutefois l’adhésion annuelle à l’association est nécessaire : 10€.
 
 
Stage d’hiver, création littéraire en résidence :
 
 
Du 2 mars au 8 mars  « énigme
                                ce qui naît des cœurs purs »
                                Hölderlin
 
Une fresque où figurent, énigmatiquement, des représentations fragmentaires de mondes traversés.
Un narrateur, ému de l’éparse survivance, de l’image, du petit peuple des reflets, de l’aspect désintéressé du souvenir.
Un auteur, « mutatis mutandis », composant.
 
Ce stage se déroulera dans la salle culturelle de Curel (vallée du Jabron) qui est une ancienne grange restaurée. L’hébergement et les repas se dérouleront dans le gîte de Saint Vincent sur Jabron.
Coût du stage (5 jours d’atelier) : 560€ (+10€ d’adhésion annuelle) et comprenant les ateliers et la pension complète.
 
 
Le programme 2014 sera en ligne sur notre site à la fin de la semaine.
 
D’ores et déjà, sachez que de nouvelles formes et formules de stages sont au programme :
outre le stage d’hiver (voir plus haut)
  • un stage de printemps dans un gîte (magnifique) de montagne (Hautes-Alpes)
  • deux stages d’été en résidence à terres d’encre, (juillet et août)
  • deux stages nomades écriture et marche, l’un en montagne (Queyras) en juillet, l’autre en Bretagne pour l’équinoxe de septembre et
  • au printemps de mai, un stage de création croisée écriture et arts plastiques (livre d’artiste) en co-animation avec Jacqueline Merville, auteur plasticienne en résidence à terres d’encre.
 
Les Petits Toits du Monde se dérouleront comme d’habitude durant le week-end de Pentecôte (7, 8 et 9 juin) et célébreront la poésie et l’art contemporain. Le programme complet sera en ligne sur notre site courant avril.
 
 
Des rendez-vous amis :
 
Le samedi 7 décembre à Marseille (87 rue Benoît Malon, 13005) à 19h30,
La poète-éditrice Frédérique Guétat-Liviani, le plasticien Colas Bailleul, la poète Liliane Giraudon et d’autres… présentent quatre livres des éditions Fidel Anthelme X et des ateliers la nuit tous les chats sont gris / merveille…merveille… merveille…
 
Le samedi 21 décembre à 19h à Nice (galerie Arts 06, 13 avenue Pauliani),
François Heusbourg, dans le cadre de l’exposition consacrée au peintre Jean-Gilles Badaire et aux éditions Jacques Brémond, reçoit, pour une lecture en hommage à Thierry Metz, le poète Cédric Le Penven / merveille… merveille… merveille…
 
 
J’aime ce petit bois
de l’arbre à la ronce
découvert par nos pas
en promenade
harcelé d’oiseaux
puis jeté dans l’âtre
 
                                          Thierry Metz, d’un qui marchait avec le petit bois
                                                                  Revue Diérèse, n°56
 
 
Le soleil est vif maintenant sur la glace.
Nous vous souhaitons de même, le vif.
Tant que vivre.

 






atelier écriture