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atelier écriture

Mai 2022


ce 3 mai 2022,

 

Je vis en avance
sur ma main –

au fond de cette page

où en réalité
chaque parole n’est qu’avancée
sur le vide

mise à nu
d’un danger
plus grand

pour voir demain.


Philippe Denis, chemins faisant, le bruit du temps

 

Mai ; on aimerait que la saison soit seulement celle des nichées dans les broussailles, de l’herbe verte des pâtures, des premières roses, des verres en terrasse et en amitié quand le soir doux s’approche et puis le livre ouvert sur la table de chevet, on aimerait. 

Mai ; ne pouvant ordonner au monde de tourner rond, nous pouvons cependant proposer l’exercice de la paix car « le texte est le lieu de la paix » (Michel Butor), le lieu où ce qui n’accède pas à la parole, le muet l’obscur, devient le champ de l’échappée des signifiances nous enseignant ainsi de quoi nous voulons – dire. et ainsi, nous console. un peu. ou du moins, nous apaise. souvent, nous rend heureux. 

la venue au monde d’un texte en atelier c’est aussi la rencontre des voix, des êtres – 
une solitude partagée dans un collectif intime et bienveillant.
l’atelier c’est une sorte de petit pays sans frontières aux langues singulières et fraternelles circulant de l’auteur au lecteur de l’autrice à lectrice, circulant. et faisant écho dans ce qu’on nomme maladroitement « les retours sur les textes », rien d’autre que d’accompagner qui écrit vers sa voix, de l’aider à entendre ce qui lui appartient et qui nous est donné. 


voici nos propositions de mise en œuvre 


le temps du réel (du 17 au 23 juillet, 5 jours)
/ « j’écoute une colombe venue d’autres déluges » Giuseppe Ungaretti /
/ un « présent simple » de l’écriture / 
dans un chalet en Queyras de montagne douce, forêt, ruisseau, alpage, aiguillettes d’ocre, 
- un balcon dans la pente et souvent une biche.
il reste trois places.

géographie de l’oubli (du 30 juillet au 5 août, 5 jours)
/ nous écrirons donc de mémoire et dans la grange / 
ce grand atelier est complet, nous avons dû un peu pousser les murs, on ne peut pas plus.

les mains du livre (du 3 au 10 septembre, 6 jours)
/ nous écrirons avec le grand dehors des monts d’Arrée en Finistère nord (landes, forêts, chaos), nous mettrons en forme et au format dedans, nous composerons et imprimerons (atelier typographique des éditions isabelle sauvage), aussi, dedans, nous graverons les signes hors langage qui accompagneront le texte dans nos petits livres d’artistes / 
en cocréation et en coanimation – dans la joie de faire - avec Sarah Clément et Isabelle Sauvage.
il reste quatre places. 

un lieu une langue une voix (du 11 au 18 septembre, 6 jours)
/ un corps un paysage un littoral (…) la main tente le geste (…) tout près la vague revient /
/ nous écrirons un peu de cette écume qui frange la lisière / 
en littoral du Finistère nord sur la côte dite des légendes entre blocs de granit sables et dunes criques et baies, écrire en paysage faire bouger la page car dehors c’est dedans. 
marcher un peu contempler beaucoup écrire tout le temps. 
il reste trois places. 

si vous venez, soyez les bienvenu.e.s


l’enfance à l’arrière défenestre de méchants
résidus, à quel point futile, on s’en doute, cette
besogne qu’on s’évertue à broyer, fourgonnant
dans le coffre des premiers étés, il n’y a qu’à
voir, de plus en plus disparate ce qu’on en
retire aujourd’hui, trébuchantes voix, aiguilles
à laine et fil poissé, les commodes l’enfournent,
et des poignées de rivets au fond, pour quel
usage à présent, on la connait trop bien cette
discordante syntaxe, on s’afflige de ce qu’elle
peine à dire, rendue invalide au bout du compte

Mary-Laure Zoss, d’ici qu’à sa perte, Faï fioc

 

 

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